Interdits en 2018, ces pesticides sont réautorisés

Anton Kunin - publié le 14/08/2020 à 14:45

Le ministère de l’Agriculture a réautorisé, à titre exceptionnel, les pesticides à base de néonicotinoïdes pour lutter contre la jaunisse, qui pourrait fortement impacter la récolte de betteraves en 2020.

Betterave à sucre
La France est le premier producteur en Europe de betteraves à sucre.

Jaunisse : jusqu’à 50% des récoltes perdues dans certaines régions

Depuis début juillet 2020, les agriculteurs sonnent l’alerte : « deux mois avant la récolte, les premières prévisions de rendements [de betteraves à sucre] en France sont déjà inférieures à 80 tonnes par hectare, niveau le plus bas depuis plus de 15 ans, et pourraient encore se dégrader. Dans les régions les plus touchées (Centre-Val de Loire et Île-de-France à ce jour), les pertes de récoltes atteignent déjà 40 à 50% ». En cause, la jaunisse, une maladie due à un virus véhiculé par les pucerons.

C’est donc pour lutter contre ce fléau que les agriculteurs ont réclamé (et obtenu) la réautorisation des néonicotinoïdes, ces puissants pesticides qui tuent les pucerons mais qui sont aussi accusés d’avoir un impact sur le système nerveux des abeilles en les désorientant, ce qui nuit gravement à la pollinisation. Pour rappel, l’utilisation des néonicotinoïdes est interdite en France depuis le 1er septembre 2018.

Une réautorisation provisoire et très ciblée

Compte tenu du danger qu’ils représentent, cette réautorisation des néonicotinoïdes est très ciblée. Seule l’utilisation via l’enrobage des semences est possible, la pulvérisation reste interdite afin de limiter les risques de dispersion du produit. En plus, sur les terres où des néonicotinoïdes auront été utilisés, il sera interdit de planter pendant la prochaine saison des cultures attractives de pollinisateurs, afin de ne pas exposer les abeilles aux résidus éventuels des produits. Quant à la saison en cours, comme les betteraves ne produisent pas de fleurs avant la période de récolte, le temps d’exposition des abeilles aux néonicotinoïdes devrait être limité.

En plus de cette réautorisation exceptionnelle, le ministère de l’Agriculture a décidé de confier à l’Institut Technique de la Betterave et l’INRAE un projet de recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes. Cinq millions d’euros seront alloués à cette fin à ces deux organismes.

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