Départ volontaire à la retraite : comment calculer vos indemnités ?

Mustapha Azzouz - publié le 07/08/2020 à 11:00

Un salarié est en droit de prendre sa retraite. S’il prend cette initiative, il peut percevoir une indemnité. Celle-ci est spécifique, elle est soumise à un certain nombre de conditions et son montant varie en fonction de l’ancienneté et de la convention collective en vigueur. Comment calculer votre indemnité de départ volontaire à la retraire ? Voici tout ce que vous devez savoir pour connaître son montant et ainsi anticiper au mieux le début de votre nouvelle vie.

Comment fixer la date de votre départ à la retraite ?

Vous avez choisi de prendre votre retraite ? Votre départ est volontaire ? Sachez que si vous souhaitez calculer votre indemnité, vous devez dans un premier temps fixer la date de votre départ de l’entreprise. L’indemnité de départ volontaire à la retraite est soumise à plusieurs conditions. Il faut impérativement avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite. Celui-ci est de 62 ans pour les personnes nées à partir de 1955, et de 60 ans pour les personnes ayant eu une carrière longue. Attention ! Vous devez avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite au moment de rompre votre contrat de travail.

Prendre connaissance de la convention collective en vigueur

Si votre entreprise a choisi de mettre en place une convention collective, celle-ci détermine le montant de l’indemnité de départ à la retraite. Si vous relevez d’une convention collective, elle est indiquée sur votre fiche de paie. Dans tous les cas, il faut savoir que l’indemnité conventionnelle est plus avantageuse que celle fixée par le Code du travail. Son montant varie en fonction des branches, elle peut être de 4 ou 6 mois de salaire.

Si vous ne relevez d’aucune convention, l’indemnité légale de départ volontaire à la retraite est de :

  • La moitié d’un mois de salaire après 10 ans d’ancienneté ;
  • 1 mois de salaire après 15 ans d’ancienneté ;
  • 1 mois et demi de salaire après 20 ans d’ancienneté ;
  • 2 mois de salaire après 30 ans d’ancienneté.

Bon à savoir : accéder à la convention collective

Vous souhaitez vous procurer les textes de votre convention collective ? Sachez que ces derniers sont présents dans vos locaux professionnels. Ils doivent être à la disposition des salariés en version papier ou numérique. Cette dernière est disponible sur l’Intranet de l’entreprise ou en ligne sur un site dédié.

Faire le bon choix en optant pour la formule la plus avantageuse

Pour partir à la retraite sereinement et sans difficultés financières, il est important de choisir parmi les différentes formules proposées en optant pour la plus avantageuse. En effet, l’indemnité de départ à la retraite se calcule de deux façons. Elle peut être égale au douzième de la rémunération des douze derniers mois précédant le départ à la retraite, ou au tiers des trois derniers mois précédant le départ à la retraite.

Bon à savoir : primes et avantages

Les primes et les avantages perçus au cours des douze derniers mois sont lissés sur ces douze mois et inclus dans le calcul de l’indemnité de départ à la retraite dans les deux formules proposées.

Voici un exemple : Véronique souhaite partir à la retraite le 1er avril. Son salaire est de 2 800 € brut jusqu’à janvier et a diminué en février et en mars, mois pendant lesquels elle touchait 2 500 € brut. Elle a 21 ans d’ancienneté.

  • Si Véronique choisit le calcul sur les trois derniers mois, son salaire de référence est de : (2 800 € + 2 500 € + 2 500 €)/3 soit 2 600 €. Grâce à son ancienneté, l’indemnité est de 2 600 € x 1,5 soit 3 900 €.
  • Si Véronique choisit le calcul sur les douze derniers mois, son salaire de référence est de : (2 800 € x 10) + (2 500 € x 2)/12 soit 2 750 €. Grâce à son ancienneté, son indemnité est de 2 750 € x 1,5 soit 4 125 €. Elle est donc plus avantageuse 

Il faut savoir que l’indemnité de départ à la retraite est soumise aux charges. Les taux de charges sociales et CSG-CRDS dépendent du taux de cotisation.

Imposition de l’indemnité de départ à la retraite

Qu’elle soit calculée grâce à la convention collective ou que vous touchiez le montant légal fixé par le Code du travail, la prime de départ à la retraite est imposable. Il est donc essentiel de prendre en considération et donc d’anticiper une hausse de l’impôt sur le revenu.

L’indemnité de départ à la retraite se déclare de deux façons : en une fois ou en plusieurs fois. Cette seconde option s’avère très avantageuse car elle permet un étalement de la prime sur quatre ans, et donc une limitation de la hausse de l’imposition.

Une fiscalité différente en cas de licenciement ou de plan de sauvegarde de l’emploi

L’indemnité de départ volontaire à la retraite est imposable. Cependant des exceptions existent notamment en cas de licenciement. Si vous ne souhaitez pas vous retirer de la vie active, personne ne peut vous y forcer. Votre employeur peut seulement vous licencier mais pour une bonne cause. Attention ! Si vous atteignez l’âge de 70 ans, votre employeur peut légalement vous mettre à la retraite.

Si vous prenez votre retraite dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, ou PSE, votre indemnité de départ volontaire n’est pas imposable. Il en est de même pour l'indemnité de mise à la retraite à condition que son montant soit égal à celui fixé par la loi et donc le Code du travail, la convention collective de branche, l’éventuel accord professionnel ou interprofessionnel.

Connaître le montant de son indemnité est important. Bien sûr, vous pouvez le calculer vous-même et ainsi avoir une idée précise des avantages et des inconvénients financiers d’un départ volontaire. Il est également possible de faire une simulation en ligne ou encore de s’adresser au service des ressources humaines de votre entreprise.

Réduisez vos factures grâce à nos conseils administratif & juridique
Merci de vous être inscrit à notre newsletter !
En m’inscrivant, j’accepte les C.G.U. et de recevoir les newsletters de Radins.com par email.