Retraite à l’étranger : comment continuer à percevoir sa pension ?

Mustapha Azzouz - publié le 12/02/2021 à 11:00

Lorsque sonne la fin de carrière, de plus en plus de Français choisissent de s’expatrier. Pour profiter d’une météo plus clémente ou d’une fiscalité avantageuse, la retraite à l’étranger a bien des avantages. L’idée vous séduit, mais vous vous demandez comment continuer à percevoir votre pension une fois installé en dehors de la France ? Voici tout ce que vous devez savoir.

Quelles démarches pour s’assurer de percevoir sa pension ?

Portugal, Espagne, Maroc : c’est décidé, vous passerez votre retraite à l’étranger ! Après des décennies à travailler, rien ne vous en empêche. Attention toutefois, pour continuer à percevoir sa pension, il faut préparer son départ et en informer les organismes payeurs. Ainsi, vous devez communiquer vos nouvelles coordonnées à la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) pour la retraite de base, mais aussi aux caisses complémentaires (Agirc-Arrco, MSA, SSI, etc.). Vous devrez joindre un justificatif de domicile et choisir entre le versement de votre retraite sur votre compte français ou sur celui que vous ouvrirez à l’étranger. Pour faire votre choix, penchez-vous sur les frais bancaires que chaque option engendrerait.

Retraite à l’étranger : des retenues sur sa pension ?

Lorsque l’on part passer sa retraite à l’étranger, on s’inquiète souvent d’éventuelles retenues. Soyez rassuré, un retraité expatrié peut continuer à percevoir sa pension sans aucune amputation. En revanche, si vous êtes éligible à l’Aspa (Allocation de solidarité aux personnes âgées) ou à l’Asi (Allocation supplémentaire d’invalidité), vous n’y aurez plus droit. En effet, ces deux aides sont soumises à résidence en France. Pour la loi, partir passer sa retraite à l’étranger implique un certain niveau de ressources et des aptitudes physiques qui ne justifient plus le versement de ces allocations.

Le certificat de vie, un document essentiel pour la retraite à l’étranger

Pour continuer à percevoir sa pension lors d’une retraite à l’étranger, il est impératif de remplir un certificat de vie. Également appelé certificat d’existence, c’est un document envoyé tous les ans par l’Assurance retraite. Il lui permet de s’assurer que vous êtes bien en vie et qu’elle peut continuer à verser votre pension. Si vous ne retournez pas votre certificat de vie dans les délais (2 mois), alors le paiement de votre retraite sera suspendu. Si vous le pouvez, activez le service « Transmettre mon certificat de vie » sur le site de l’Assurance retraite. Cela vous permettra de télécharger le formulaire de certificat de vie depuis votre espace personnel. 

Pour que votre certificat de vie soit validé par l’Assurance retraite, il doit être complété par les autorités compétentes du pays où vous résidez. Les lieux et personnes habilités à remplir ce document diffèrent selon les pays. Il peut ainsi s’agir d’un commissariat, d’une mairie, mais on peut également parfois faire viser ce justificatif par un notaire ou un avocat.

Il faudra ensuite le scanner et le télécharger dans votre compte. Un accusé de réception vous sera alors envoyé. Utiliser votre espace personnel sur le site de l’Assurance retraite pour le renvoi de votre certificat de vie vous permettra par ailleurs de le transmettre à toutes vos caisses de retraite en une seule fois. Il est également possible de renvoyer le certificat de vie par voie postale à l’adresse suivante :

Centre de traitement retraite à l’étranger

CS 13 999 ESVRES

37 321 TOURS Cedex 9

FRANCE

N’oubliez pas alors de prendre en compte le délai d’acheminement du courrier pour vous assurer du respect des délais. Face aux risques de perte, privilégiez un envoi vous offrant une option de suivi du courrier.

Quelle fiscalité pour une retraite à l’étranger ?

Lorsque l’on part à l’étranger pour sa retraite, il est important de se renseigner sur la fiscalité à laquelle vous serez soumis. Si vous choisissez de ne passer qu’une partie du temps dans un autre pays que la France et vivez dans l’Hexagone plus de 183 jours par an, alors vous continuerez à payer vos impôts en France. C’est également le cas si votre foyer et vos intérêts économiques restent en France. Vous serez alors soumis à une fiscalité classique. La caisse de retraite transmettra le montant imposable de votre pension (Sécurité sociale) à l’administration fiscale. Les caisses complémentaires feront de même. L’impôt sur le revenu sera directement retenu sur votre pension (prélèvement à la source).

Si vous vous installez durablement à l’étranger, alors votre résidence fiscale ne sera plus en France. Il est toujours possible de continuer à percevoir sa pension de retraite et elle augmentera même un peu. En effet, vous ne serez plus soumis à la CSG (Contribution Sociale Générale), ni à la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) ou à la Casa (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie). Attention toutefois, cela ne signifie pas pour autant que vous ne paierez plus d’impôts en France. Pire encore, si aucun accord n’a été signé avec le pays hôte, vous risquez même d’être soumis à une double imposition ! La Norvège, les Maldives, les Bahamas, le Cambodge ou encore le Paraguay font partie des pays qui ne disposent pas d’accord avec la France.

Si un retraité est toujours assuré de continuer à percevoir sa pension à l’étranger, il est donc préférable qu’il élise domicile dans un pays qui lui permettra d’en profiter grâce à une convention mise en place avec la France. Un retraité expatrié peut alors être soumis à :

  • La fiscalité du pays hôte pour toutes ses pensions (Maroc, Tunisie, Sénégal) ;
  • La fiscalité française pour toutes ses pensions (USA, Thaïlande, île Maurice) ;
  • La fiscalité du pays d’accueil pour les retraites privées et à l’impôt français pour les pensions de la fonction publique (Portugal, Australie, Viêtnam, Malaisie, Espagne).

Bon à savoir : une double imposition pour la fonction publique

Les retraités de la fonction publique peuvent être soumis à une double imposition et ce même s’il existe un accord entre la France et le pays d’accueil. Cela est par exemple le cas pour les binationaux franco-portugais qui seront soumis à la fiscalité française et à une imposition portugaise.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il est tout à fait possible de passer sa retraite à l’étranger et de continuer à percevoir sa pension normalement. Attention toutefois à savamment choisir votre pays d’exil et à être dans les temps tous les ans pour renvoyer votre certificat de vie.

Tous les guides retraite
Réduisez vos factures grâce à nos conseils administratif & juridique
Merci de vous être inscrit à notre newsletter !
En m’inscrivant, j’accepte les C.G.U. et de recevoir les newsletters de Radins.com par email.