Les solutions alternatives aux maisons de retraite

Fabienne Cornillon - publié le 27/11/2019 à 16:41

Que ce soit pour une question d'insécurité ou pour vaincre la solitude, les personnes âgées s’orientent souvent de manière automatique vers la maison de retraite. Or, il existe d’autres options plus conviviales et économiques. Elles s'adressent cependant à des personnes encore autonomes. Petit tour d'horizon de ces solutions.

La colocation entre seniors

Le concept est le même que pour une colocation entre étudiants : on partage le loyer et les charges, mais pour plus longtemps et pour s'entraider aussi si besoin. Une solution économique pour les petits budgets. Mais pour que cela fonctionne, attention à bien choisir ses colocataires. Il faut trouver plusieurs personnes âgées dont les personnalités s'accordent et qui sont prêtes à vivre en communauté. Quant au lieu, privilégiez les villes et leurs abords. Une fois que le groupe de vie est créé, cherchez ensemble une grande maison proche des commerces de proximité, de structures de soins et des activités culturelles et sportives. Pour une colocation entre seniors, comptez un loyer de 350 € par personne en province et de 500 € à Paris. Vous bénéficierez d'un grand espace avec jardin pour le prix d'un studio ! Pour trouver des colocataires potentiels, passez une simple annonce dans le journal local ou sur le net.

La colocation intergénérationnelle

Veuve, votre mère vit seule dans une maison devenue trop grande ? Vous avez peur qu’elle fasse un malaise et que personne ne la prenne en charge de suite ? Elle ne se sent pas en sécurité surtout la nuit ? Elle ne veut pas entendre parler de la maison de retraite ? Avez-vous pensé à une solution 100 % gratuite : prendre un étudiant sous son toit ? La personne âgée l'héberge contre une participation aux charges et en échange le jeune s'engage à être présent au dîner puis le soir et à lui rendre de menus services. Attention ce n'est pas un garde-malade et encore moins une femme de ménage ! Il s'agit de petits services du quotidien comme mettre la table, la débarrasser ou encore l'aider à balayer les feuilles mortes devant l'entrée.

Nous vous conseillons de passer par une association. Il en existe un peu partout en France. Elle joue le rôle d'intermédiaire entre le senior et l'étudiant et s'assure de son sérieux. L'association opère un suivi et un contrôle pendant la durée de la colocation par des visites et/ou des coups de téléphone réguliers afin de s'assurer que chacun respecte ses engagements. Elle peut demander des frais d'inscription, une trentaine d'euros et/ou une adhésion annuelle (100 à 250 €). Voici quelques exemples :
- Un toit 2 générations (Chambéry, Aix-les-Bains, Annecy ou leurs agglomérations) ;
- Association Vivre Avec (Bordeaux et sa région) ;
- Réseau Cosi (présent sur toute la France pour trouver une solution adaptée).

L'accueil familial

L'accueil familial est une formule intermédiaire entre le maintien à domicile et l'hébergement en maison de retraite. Il consiste à placer une personne âgée autonome ou en perte d’autonomie au sein d'une famille agréée et contrôlée par le Conseil général, moyennant le paiement d'une pension.

La personne accueillie dispose d'une chambre individuelle et d'une salle de bain qu'elle doit partager avec les autres pensionnaires. Il n'y en a pas plus de trois par accueillant. Elle participe à la vie de famille, notamment en prenant ses repas avec elle, et bénéficie de l'aide de l'accueillant pour tout ce qui touche à sa perte d'autonomie : se laver, s'habiller ou se lever.

Son coût ?

Votre parent est nourri logé, blanchi et le cas échéant bénéficie de l'aide de l'accueillant pour un montant de 46 à 59 € par jour en moyenne, soit entre 1 400 et 1 800 € par mois. Ce tarif est variable selon le niveau de dépendance de l'accueilli et du confort du logement. L'accueil familial n'est pas un lieu médicalisé. Chaque pensionnaire conserve son médecin traitant et les spécialistes qui le suivent.

La liste des accueillants familiaux est disponible auprès du Conseil général. L'association Famidac propose sur son site de consulter sa liste d'accueillants familiaux adhérents.

Le béguinage

Les béguinages nous viennent du moyen-âge. À l'origine, ils étaient créés par des femmes qui souhaitaient se retirer de la vie sociale pour mener une vie spirituelle. Au fil des siècles, ils se sont transformés pour devenir des ensembles immobiliers dédiés aux seniors. Ces ensembles sont constitués de petites maisons, des studios voire des 2 pièces de plain-pied, qui sont rassemblées autour d'un espace de vie collectif dans lequel sont proposées des activités encadrées par un animateur. Ce type d'habitation existe essentiellement dans le Nord et en Picardie.

Le béguinage s'adresse aux personnes âgées, la moyenne d'âge est de 75 ans, qui ont des revenus modestes (inscrits dans les critères de ressources du logement social). Ces petits « villages » dans les villes sont gérés le plus souvent par des bailleurs sociaux en partenariat avec des associations ou des collectivités locales pour assurer l'animation, à l'image de Saint-Quentin dans l'Aisne. La ville compte 13 béguinages à loyers modérés, car ils appartiennent à un office HLM. A Perpignan, un béguinage rejoignant les aspirations des béguinages des femmes pieuses au moyen-âge a ouvert ses portes pour accueillir les seniors. Quatorze appartements ont été créés dans un ancien couvent de capucins rénové et mis aux normes par un investisseur privé, Thierry Predignac, co-fondateur de Vivre en béguinage : « Il s'agit d'une alternative aux maisons de retraite, les personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps chez elles, mais souvent, seules, c'est difficile. Le béguinage va le leur permettre grâce à l'entraide et la veille des uns sur les autres. Il est le chainon manquant entre le maintien à domicile et la maison de retraite. » D’autres béguinages ont vu le jour notamment à Quimper et à Mulhouse.

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