Comment fonctionne la retraite complémentaire ?

Fabienne Cornillon - publié le 11/09/2019 à 18:12

La retraite complémentaire est essentielle pour obtenir une pension correcte pour vivre lorsque vous cessez votre activité professionnelle. De fait, avec une retraite équivalente à 50 % de votre salaire de référence dans le privé et 75 % dans le public, cette complémentaire est une aide précieuse pour augmenter vos revenus à la retraite.

1 – Qu’est-ce que la retraite complémentaire ?

En France, il existe deux revenus que vous percevez au moment de la retraite : la retraite de base et la retraite complémentaire.

Dans le secteur privé, la retraite de base est calculée à partir d’un salaire de référence qui prend en compte, pour le moment, les 25 meilleures années. Cela pourrait changer au gré des réformes des retraites. Le montant de votre pension correspond à 50 % de votre salaire de référence.

Dans le privé, la retraite de base est calculée en fonction d’un salaire de référence qui tient compte des 6 derniers mois. Cette fois, votre pension équivaut à 75 % du salaire de référence.

Nous comprenons de suite l’intérêt de cotiser à une retraite complémentaire. La perte de revenus est importante au moment de la retraite, ce complément permet de vivre plus sereinement. Chaque actif est de tenu de cotiser, en fonction de son statut et de sa profession, à une caisse de retraite complémentaire. Vous n’avez pas le choix de la caisse comme nous le verrons un peu plus loin dans ce guide.

Bon à savoir : selon votre statut et le montant que vous avez cotisé, il est possible que votre retraite complémentaire soit plus importante que le montant de votre retraite de base. Cela peut être le cas pour les cadres, mais aussi pour les indépendants. De fait, ces derniers peuvent profiter des avantages Madelin qui leur permettent de cotiser tout en déduisant cette dépense de leur bénéfice. Dès lors qu’ils ont de la trésorerie, ils ont tout à gagner à cotiser le plus possible pour leur retraite complémentaire. 

2 – Comment la retraite complémentaire est-elle calculée ?

Nous l’avons vu, la retraite de base est calculée en fonction des revenus perçus et d’un pourcentage selon le statut des actifs. Avec la retraite complémentaire, la donne est différente. De fait, cette fois, on parle de cotisation par points.

Chaque actif va cotiser à la caisse de retraite complémentaire qui lui est attribuée. Ces cotisations sont transformées en points en fonction du montant des revenus. Ainsi, plus votre salaire est élevé, plus vous pouvez prétendre à une retraite complémentaire importante.

Bon à savoir : la cotisation est répartie entre le salarié et l’employeur. La part du salarié correspond à 40 % des cotisations, la part employeur à 60 %.

Par exemple, en 2019, pour obtenir un point Agirc-Arrco, il faut cotiser à hauteur de 17,0571 €. Ainsi, si votre cotisation s’élève à 175 €, vous avez gagné 10 points.

Un taux de cotisation est fixé en fonction du plafond de la Sécurité sociale. Si vous dépassez ce plafond, la cotisation est plus importante, cela signifie que votre retraite complémentaire sera plus élevée.

Chaque caisse de retraite attribue une valeur à son point. Par exemple, en 2019, le point Arrco vaut 1,2588 €. Si, au terme de votre carrière, vous avez cumulé 5 000 points de retraite complémentaire, cette dernière s’élèvera à 6 294 € par an, soit 524,50 € par mois.

En résumé, dans le cadre de la retraite complémentaire, vous achetez des points retraite grâce à vos cotisations et celles de votre employeur en fonction du montant de vos revenus. Au moment de la retraite, vous convertissez vos points en euros.

3 – Les régimes de retraite complémentaire

Il existe aujourd’hui différents régimes de retraite complémentaire, chacun étant attribué à une catégorie de travailleurs. Cela a toute son importance puisque la valeur du point de retraite complémentaire est fixée librement par chaque caisse.

Par exemple, avec Agirc, la valeur du point était de 1,2588 € en 2018 contre 2,63 € pour la CIPAV.

Voici une liste des différents régimes de retraite complémentaire selon votre activité, renseignez-vous auprès de votre caisse pour connaître la valeur d’acquisition d’un point et la valeur du point pour calculer votre retraite complémentaire :
- Agirc-Arcco : salariés du privé ;
- RAFP : retraite des fonctionnaires ;
- Sécurité sociale des indépendants : artisans, commerçants et industriels indépendants ;
- IRCEC : artistes et auteurs d’œuvres originales
- MSA : exploitants agricoles non-salariés ;
- CPRN  : notaires ;
- CAVOM : officiers ministériels ;
- CARMF  : médecins ;
- CARCDSF : dentistes et sages-femmes ;
- CAVP : pharmaciens ;
- CARPIMKO : infirmiers, kinésithérapeutes ;
- CARPV : vétérinaires ;
- CAVAMAC : agents d’assurance ;
- CAVEC : experts-comptables ;
- CIPAV : professions libérales diverses ;
- CNBF : avocats.

4 – Le coefficient de solidarité ou bonus-malus

Aujourd’hui, l’objectif est d’inciter au maximum les actifs à cotiser le plus longtemps possible. C’est pourquoi a été mis en place un système de bonus-malus. Cela concerne les personnes nées à partir du 1er janvier 1957. Voici quelques cas concrets :
- vous demandez votre retraite complémentaire lorsque vous avez atteint l’âge légal de la retraite, vous avez cotisé assez de trimestres et vous pouvez prétendre à un taux plein. Durant les 3 premières années, vous subirez une minoration de 10 % de votre complémentaire ;
- vous demandez votre retraite complémentaire un an plus tard, vous n’avez ni bonus, ni malus ;
- vous prenez votre retraite deux ans plus tard, votre retraite complémentaire est majorée de 10 % pendant un an ;
- vous demandez votre retraite complémentaire trois ans plus tard, elle est majorée de 20 % pendant un an ;
- vous demandez votre retraite complémentaire quatre ans plus tard, elle est majorée de 30 % pendant un an.

5 - Comment compléter sa retraite ?

La retraite complémentaire permet donc de compenser, au moins en partie, la perte de salaire subie au moment de la retraite. Pour autant, cela ne suffit pas toujours, c’est pourquoi il est intéressant de préparer, si possible, sa retraite de son côté pour bénéficier d’un patrimoine ou d’un capital. Nous avons, à ce sujet, rédigé un guide sur « comment bien préparer sa retraite » que nous vous invitons à consulter. Cela vous permet d’être plus serein et, surtout, de pouvoir envisager de profiter pleinement de votre nouvelle période de liberté. Car, avoir du temps pour soi est une chose, mais sans argent, il devient difficile de réaliser ses projets. Parmi les solutions à votre disposition, voici celles que vous devrez privilégier :
- acquérir votre résidence principale ;
- réaliser un investissement locatif ;
- souscrire une assurance-vie ;
- alimenter un PEE ou PERCO ;
- souscrire un contrat Madelin pour les indépendants.

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