Don d'organes : pourquoi pas vous ?

Anne-Sophie O - publié le 26/03/2020 à 18:00

Plus de 50.000 Français vivent avec un organe greffé : rein, foie, poumon, cœur. Pourtant, les hôpitaux sont en pénurie. Afin de soulager vos proches, il est essentiel de parler du don d'organes avant qu’il ne soit trop tard. Grâce aux dons d’organes, de nombreuses personnes sont sauvées chaques années. Pour mieux comprendre le fonctionnement de cette mesure, nous vous donnons toutes les informations utiles. 
 

La législation des dons d'organes en France

Depuis le 22 décembre 1976 et l’entrée en vigueur de la loi Caillavet, tous les individus sont présumés donneurs, un principe que la loi du 26 janvier 2016 a réaffirmé.

Trois règles permettent d’encadrer clairement le don d’organes : 

  • Consentement présumé
  • Gratuité
  • Anonymat
     

En pratique, la loi indique que nous sommes tous des donneurs d'organes et de tissus, à moins d'avoir exprimé de son vivant une opposition aux dons d'organes. Si vous ne souhaitez pas donner vos organes, vous pouvez vous inscrire sur le registre national des refus de dons d'organes et de tissus.  

Quelles sont les conditions pour être donneur ?

Dons post-mortem

En matière de dons d’organes post-mortem, l’âge n’a pas d’importance. Bien que, passé un certain âge, certains organes sont en moins bon état, d’autres sont encore fonctionnels. Le choix de prélever un organe se fait donc au cas par cas et peut même être réalisé sur une personne malade. En effet, seul l’état de l’organe compte au moment du prélèvement. Selon les cas et les besoins, différents organes peuvent être prélevés post-mortem : 

  • Rein
  • Foie
  • Coeur
  • Poumon
  • Pancréas
  • Cornées
  • Parties de l’intestin
  • Tissus (os, artères, tendons)

Avant de prélever un organe, des tests sont effectués, ils permettent de vérifier que la personne n'est pas porteuse de maladies transmissibles comme le sida ou le paludisme. Des examens spécifiques permettent de déterminerma compatibilité de l'organe entre le donneur et le futur gréffé.  

Dons de son vivant

De son vivant, il est également possible d’être donneur. Pour cela, il est nécessaire d’être majeur et de respecter des conditions médicales particulièrement strictes afin de réduire au maximum les risques liés à l’opération. Le don de son vivant ne peut être fait qu’à un membre de son cercle familial ou une personne proche avec un lien affectif stable depuis au moins deux ans. Ces dons représentent environ 9% du total des greffes et concernent notamment le don d’un des deux reins ou d'une partie du foie. 
 

Tout ce que vous devez savoir pour faire votre choix

Le prélèvement d'organes ne peut-il se faire que sur des jeunes ?

Absolument pas, toute personne dont les organes sont en bon état peut faire l'objet d'un prélèvement. « L'âge moyen des donneurs en France est de 54 ans. On a même déjà prélevé des reins ou un foie bien conservé sur des gens de plus de 90 ans », indique Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice générale de l'Agence de la biomédecine, à 20 Minutes.

Que se passe-t-il si je n'ai pas fait part de ma décision à mes proches ?

Quoiqu'il en soit, vos proches seront consultés, rien ne sera fait sans leur accord. Si vous avez pris le temps d'en discuter avec vos proches, cela leur facilitera la tâche dans ce moment déjà assez douloureux. Dans le cas contraire, ils devront prendre une décision. A savoir, que l'équipe médicale ne pourra plus faire aucun prélèvement plus de 24h après le décès.

Qui dois-je informer ?

Femme, mari, parents, enfants, peu importe la personne à qui vous confiez votre souhait. Libre à vous de choisir la personne de confiance qui se fera le relai de votre décision. Sachez qu'aucun lien de parenté n'est demandé, il peut donc s'agir d'un ami, s'il a été plus facile pour vous d'aborder avec lui ce sujet. Toutefois, si le jour de la décision, il y a un désaccord entre vos proches, une discussion sera mise en place afin de trouver la meilleure solution pour tout le monde.

Dois-je faire une déclaration officielle ?

En France, nous sommes tous supposés donneurs. Seuls ceux qui ne souhaitent pas donner leurs organes peuvent en avertir le registre national des refus qui vous inscrira sur la liste. La carte de donneur n'ayant, en elle-même, aucune valeur légale, elle sert juste à laisser une trace de votre accord ou à faciliter la conversation entre vos proches.

Le prélèvement va-t-il endommager le corps ?

Votre corps sera traité de la même manière que s'il s'agissait d'une opération de votre vivant : les incisions sont donc refermées par des pansements, les cornées des yeux remplacées par des lentilles et le corps est rendu habillé à votre famille.

Peut-on choisir les organes que l'on veut donner ?

Bien sûr que vous avez le choix ! Vous pouvez ainsi accepter de donner vos reins ou votre foie mais pas votre cœur ou vos yeux. Là encore, mieux vaut prévenir votre famille.
 

Donner son avis, c'est déjà un grand pas

Vous l'aurez compris, il est important de vous poser la question et il n'est, hélas, jamais trop tôt pour savoir si l'on veut être donneur d'organes ou non. Surtout que, ce n'est pas parce que dans votre portefeuille vous aurez votre carte de donneur d'organes, que vous ne pourrez plus changer d'avis. N’hésitez pas à en parlez-en à vos proches. Même si cela n'est pas toujours facile d'amener le sujet entre le plat et le dessert, il est important que vos proches soient avertis de votre décision.

Un conseil : faites votre choix en pensant aux vies que vous pourriez sauver. Pour rappel, ce sont près de 300 personnes qui sont mortes en France en 2016 faute de ne pas avoir reçu de greffes à temps.

Trafic d'organes : un marché noir qui se porte bien

https://conseils.radins.com/assurances/sante-mutuelle/comment-reduire-depenses-sante/13935Alors que de nombreuses associations se battent pour le don d'organes, que le principe de la greffe d'organe repose sur la gratuité et un accès pour tous, la marchandisation des greffons est de plus en plus importante...

S'il existe en France et en Europe une législation contre la marchandisation des organes, ce n'est pas le cas partout dans le monde, et certains pays sont de véritables repères de trafiquants d'organes. La Chine fait partie de ces pays et l'on y dénonce de plus en plus ces pratiques, qui ne respectent aucune éthique.

A l'heure actuelle, près d'un million et demi de Chinois sont en attente d'une greffe d'organe et c'est à peu près 10.000 d'entre eux qui obtiennent, chaque année, le greffon tant espéré. Le fait que si peu de personnes en bénéficient relève de deux problèmes majeurs : le faible nombre de donneurs ainsi que des hôpitaux habilités à pratiquer le prélèvement et la greffe d'organes. Le pays compte 20.000 hôpitaux pour seulement 164 qui exercent ces techniques.

Sur le marché noir des organes, tout a un prix. Voici quelques estimations de medicaltranscription.org :

  • Peau : 10 euros par cm²
  • Mains et avant-bras : 290 euros
  • Épaule : 380 euros
  • Rate : 385 euros
  • Estomac : 385 euros
  • Scalpe : 460 euros
  • Dents : 910 euros
  • Paire de globes oculaires : 1.150 euros
  • Artère coronaire : 1.150 euros
  • Intestin grêle : 1.910 euros
  • Cœur : 90.000 euros
  • Foie : 157.000 euros
  • Rein : 200.000 euros

Trop souvent, l'argent est la seule motivation de ceux qui acceptent de donner leurs organes. Comme ce jeune Chinois de 17 ans qui, en 2011, désirait s'acheter un iPad 2. Faute de moyens mais connaissant la filière de la vente d'organe, il a vendu un de ses reins 20 000 yuans soit un peu plus de 2.000 euros. Il a donc pu s'acheter une tablette numérique mais il a aussi vu son état de santé se détériorer. En effet, les opérations ne sont pas toujours effectuées dans des conditions optimales et par les meilleurs des chirurgiens. Selon un classement effectué par l'OMS, ce serait aux Philippines, en Chine, au Pakistan, en Égypte et en Colombie que le trafic d'organes prospérerait.

L'accès au soin, prétendument démocratique n'est bien qu'un leurre. Aujourd'hui selon une estimation de l'OMS c'est 1 greffe sur 10 qui relève du trafic d'organes.

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