Ces frais bancaires qui nous coûtent cher !

Cécile Ducommun - publié le 20/11/2019 à 08:12

Chaque année, les banques amassent quelques milliards d'euros grâce aux frais supplémentaires. Qui est-ce qui trinque ? Le consommateur pardi !

Carte bancaire : là où elle passe, les euros trépassent

En 2018, à l’occasion du Black Friday qui avait lieu le 23 novembre, un nouveau record était battu : 50 millions de transactions avaient été effectuées par carte bancaire. Un record repoussé d’autant plus à Noël, puisque 51 millions de transactions avaient été réglées en seulement 24 heures, par l’intermédiaire de ce moyen de paiement pratique. 

Ainsi, en France, plus de 400 transactions par carte bancaire sont enregistrées chaque seconde, soit près de 12,6 milliards en 2016. En 2017, plus de 50 % des transactions dans le pays étaient ainsi réalisées par carte bancaire, contre près de 40 % dans la zone euro. Depuis cette même année, les ⅔ des CB actuellement en service en France sont désormais équipées du paiement sans contact, rendant ce type de paiement d’autant plus populaire. 
Si la carte bancaire s'avère être gratuite pour certains types de comptes la première année, elle est ensuite la plupart du temps payante, exceptées les cartes bancaires proposées par les banques en ligne. Facturée en moyenne 36.30 €/an, elle occasionne tout de même des frais, qui accumulés, peuvent coûter très cher, d’où le succès grandissant des banques dématérialisées, qui séduisent de plus en plus de consommateurs. 

En effet, se servir au quotidien d’une carte bancaire n’est pas anodin : 

  • Retrait à un distributeur automatique : courir à droite à gauche pour trouver un guichet au nom de sa banque, c'est plutôt casse-pieds. Alors vous allez au plus simple en allant au distributeur automatique de billets (DAB) juste à côté. Or, si la plupart des banques n'ajoutent pas de frais supplémentaires, certaines n'hésitent pas à facturer les retraits chez les concurrents, de l'ordre d'1 € par retrait.
  • Frais d'opposition pour perte et vol : perdu malencontreusement lors d'une soirée ou volée avec votre sac, les frais d'opposition et de remplacement de la carte bleue peuvent coûter bien cher. Entre 10 et 20 €, l'opposition vous permet de bloquer votre carte. Contactez le 0 892 705 705 le plus tôt possible pour le faire, car les sommes débitées avant l'appel ne vous seront pas remboursées si vous n'êtes pas assuré. Les frais de remplacement varient en fonction des banques, renseignez-vous auprès de votre conseiller. Si vous avez souscrit une assurance, les frais d'opposition et de remplacement ne vous sont pas facturés mais l'assurance, oui : entre 17 et 23 €/an.

Bon à savoir : vous devrez vous acquitter d'une franchise de 150 € si des retraits sont effectués. Par exemple, le voleur a fait deux achats de 400 € et 600 €, la somme remboursée vous sera de (600+400) - 150 = 850 €.

Rappel : en cas de vol de la carte, une plainte doit être obligatoirement déposée à la gendarmerie. Pour en savoir plus : Chéquier/carte bancaire volé ou perdu: que faire?

  • Carte bloquée et renvoi du code confidentiel : 3 codes faux et c'est la panique, votre carte est bloquée. Refaire sa carte vous coûtera environ 5 €. Vous avez oublié le code ? Vous le faire renvoyer vous coûtera entre 5 et 10 €. Voilà des oublis dont on pourrait se passer.
  • A l'étranger : retirer des euros à l'étranger n'occasionne généralement pas de frais supplémentaires. Mais il suffit que vous partiez dans un pays qui n'a pas la monnaie européenne pour voir les commissions s'envoler ! Certains prélèvent des frais fixes ainsi qu'un pourcentage sur le montant retiré, d'autres se contentent uniquement de la commission. Voilà ce qui vous attend.

Les banques en ligne sont bien souvent moins onéreuses que les banques traditionnelles. Avec Radins.com, découvrez quelle banque en ligne est la plus appropriée à vos revenus et vos besoins en terme de produits bancaires. 

Le chéquier ou le papier qui fait souffrir votre compte

Apparu au 19ème siècle, le chèque fut le moyen de paiement le plus courant de nos grands-mères. Bien qu'il tende à disparaître au profit de la carte bancaire (CB), il ne laisse pas moins quelques frais supplémentaires.

  • La possession d'un "compte-chèques" est déjà payante.
  • L'envoi de chèque est gratuit dans certaines banques, mais certaines peuvent le facturer jusqu'à 50€ ! Dans ce cas-là, mieux vaut se déplacer !
  • Le chèque refusé pour insuffisance de provisions est le motif le plus utilisé pour occasionner des frais en plus. Deux cas de figure se présentent : si le montant du chèque est inférieur ou égal à 50 €, les frais ne peuvent pas dépasser 30 € ; si le montant du chèque est supérieur à 50 €, les frais ne peuvent pas dépasser 50 €. Si la banque vous prélève au-delà de ces montants, vous avez le droit de contester. Dans tous les cas, régularisez votre compte et vérifiez bien votre relevé !
  • L'émission d'un chèque de banque pour payer une grosse somme d'argent, comme l'achat d'une voiture par exemple, vous sera facturé entre 10 et 15 €.
     

Découvert et agio : quand la banque se mêle de votre argent

Personne n'est à l'abri d'un imprévu. Il suffit que la paie arrive avec un jour de retard pour vous mettre à découvert et malheureusement, le prélèvement lui, n'attend pas.

Si vous faites partie des 60 % de Français qui enregistrent un découvert non autorisé au moins une fois par an, sachez que chaque mois, ils sont 24 % à dépasser ce découvert une fois par mois. Une situation qui s’avère coûteuse, surtout pour les clients en fragilité bancaire. 

Tous les Français semblent donc concernés par le découvert bancaire, même ceux gagnant plus de 3 000 euros par mois. Un découvert qui coûte cher, puisque la mise en place d’une autorisation de découvert coûte en moyenne 7 euros par an, tandis que les frais de dépassement de découvert sont facturés très chers.

Ajoutons à ces frais de dépassement d’autorisation de découvert ceux qui sont générés par le fonctionnement même de ce système. Ainsi, un taux applicable au découvert autorisé génère lui aussi des frais onéreux. Pour exemple, ce taux est de 7 % chez la banque en ligne Boursorama et s’élève à 16 % pour la BNP Paribas. Une fois la limite de découvert autorisé dépassée, ce taux augmente d’autant plus : environ 16 % pour les banques en ligne et même 20 % pour certaines banques traditionnelles. 

Au total, en 2018, 60,20 euros de frais liés au dépassement d’une autorisation de découvert ont été facturés aux clients dans cette situation. Un chiffre en augmentation depuis 2014. 

Vous trouverez ainsi sur votre relevé de compte plusieurs informations :

  • Intérêts débiteurs : ils s'appliquent dès le premier jour de découvert et dépendent du montant, de la durée et du taux pratiqué par la banque.
  • Commission d'intervention : c'est une somme forfaitaire (entre 4 et 17 €) prélevée lorsqu'une opération est effectuée sur un compte à découvert (par carte, chèque, virement...).
  • Frais d'arrêté trimestriel : ce sont des frais fixes prélevés par la banque pour couvrir le travail supplémentaire engendré par la gestion du découvert.
  • Commission forfaitaire trimestrielle : c'est une commission minimale prélevée, si le montant des intérêts débiteurs est inférieur à une « facturation plancher ».

Important : Selon la loi Lagarde de juillet 2010, si votre compte fonctionne pendant plus de trois mois à découvert, la banque doit vous faire une offre de crédit pour le régulariser. Si elle ne le fait pas, elle manque à ses obligations et donc doit vous rembourser les sommes prélevées (agios, commissions). Cette loi vise à protéger le consommateur, car les découverts de longues durées peuvent rapidement lui coûter très cher...
 

Se connecter aux services en ligne

SMS et compte en ligne : voilà ce que votre banquière vous suggère, en échange de 1 à 35 €/an + 0.20 €/sms. La facture est lourde. Alors armez-vous de ténacité et négociez les tarifs. Certaines banques les incluent dans des packs, facturés une trentaine d'euros à l'année, d'autres les offrent gracieusement.

Certaines banques vous proposent le service e-Carte Bleue, qui vous permet de payer vos achats sur Internet en sécurité. Prix : de gratuit à 13 €/an.
 

Faire un virement : vraiment gratuit ?

S'ils sont en général gratuits au niveau national, des frais peuvent être occasionnés si vous effectuez un virement vers les pays européens, zone euro ou non ! Facturés entre 3 et 5 € en dessous de 50 000 €, il en sera de trois fois plus au dessus de cette somme.

Votre banque est trop chère ? Comparez gratuitement les banques avec Radins.com. 
 

Conseils pour ne pas se faire avoir

Il faut savoir que les banques sont réglementées. Pourtant, certaines enfreignent la loi, au détriment du consommateur. Voici quelques conseils pour traquer le moindre centime prélevé à votre insu.

  • Vérifiez vos comptes quotidiennement : c'est le meilleur moyen pour savoir où en est votre budget. Téléchargez l'application sur votre smartphone pour surveiller vos comptes en direct. Gratuit, c'est toujours mieux que de recevoir un SMS qui vous met de mauvaise humeur dès le réveil.
  • Renseignez-vous sur vos frais bancaires : chaque année, la banque vous avertit par une note d'information envoyée à votre domicile du montant de chacun de ces services. Lisez-la attentivement et conservez-la précieusement avec vos relevés de compte.
  • Comparez les packs et les prix à l'unité des services proposés et évaluez vos besoins. Être informé par SMS du solde de votre compte alors que vous le consultez tous les jours sur Internet, est-ce vraiment nécessaire ?
  • Négociez un découvert autorisé. En cas d'imprévu, c'est toujours utile.
  • Choisissez une carte bleue adaptée à vos besoins et à vos revenus.
  • Contactez votre conseiller en cas de frais supplémentaires injustifiés. S'il ne veut pas vous entendre, reportez-vous à une association de consommateurs comme UFC Que-Choisir.
  • Relisez votre contrat que vous avez signé lors de l'ouverture de votre compte. Seuls les frais mentionnés dans la convention peuvent être légalement perçus. Si la banque modifie les tarifs, elle doit vous en informer par courrier 3 mois avant la mise en place des nouveaux tarifs. En cas de désaccord, vous avez 2 mois pour le manifester par écrit, voire demander la clôture de votre compte.
     
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