Les freins à l'emprunt après 60 ans

Mustapha Azzouz - publié le 29/07/2020 à 17:00

Qu’ils soient immobiliers ou autre, les projets personnels ne s’arrêtent pas dès lors que l’on passe la barre de la soixantaine. Parfois même, les seniors fourmillent d’idées ! Malgré tout, obtenir un crédit à cet âge s’avère plus compliqué qu’auparavant. Raisons, conséquences, solutions : on vous dévoile tout.

Une question d’état de santé et de niveau de revenus

C’est statistique : plus on vieillit, plus les risques de présenter des problèmes de santé augmentent. C’est pourquoi, en présence d’un candidat au crédit ayant passé le cap des 60 ans, les banques se montrent souvent réticentes. Soixante ans, c’est aussi un âge où la retraite approche. Or, retraite est souvent synonyme de baisse de revenus. Autre facteur qui ne penche pas en faveur des seniors : l’avancée en âge, limitant par la force des choses la période de remboursement. À moins d’avoir des revenus confortables permettant un remboursement sur une courte durée, ou à défaut, une solide garantie (bien à hypothéquer, caution personnelle...), convaincre la banque de vous accorder un crédit relèvera malheureusement bien souvent du défi. Sans compter qu’en l’absence de garantie, vous n’échapperez pas à l’assurance emprunteur...

L’assurance emprunteur, soumise à majoration pour les plus de 60 ans

Contrairement aux idées reçues, l’âge de l’emprunteur n’a aucun impact sur le taux d’emprunt. Par contre, toujours en raison de risques santé accrus, le taux d’assurance (TAEA), lui, monte en flèche. Ceci, d’autant plus en l’existence d’un risque médical aggravé. Il est ainsi compliqué pour un soixantenaire de trouver une assurance à prix acceptable. Du moins, lorsque l’on veut bien lui en proposer une !

À noter : la convention AERAS peut simplifier vos démarches

Votre banque pratique un tarif d’assurance indécent ou refuse de vous assurer en raison d’un risque de santé aggravé ? Grâce à la convention AERAS, vous pouvez avoir accès à l’assurance sans surprime ni même exclusions de garantie. Cette convention facilite aussi l’accès au crédit des personnes concernées. Elle inclut, de plus, un droit à l’oubli pour les anciens malades du cancer. Renseignez-vous.

De manière générale, les banques accordent une assurance jusqu’aux 70 ans de l’emprunteur pour la garantie décès, et jusqu’à 65 ans pour les autres garanties. Au-delà (et jusqu’à 80, 85, voire 90 ans maximum dans certains cas), il faudra vous tourner vers une assurance individuelle. On parle alors de délégation d’assurance. Il faut aussi savoir que même si la banque vous fait une offre d’assurance, vous n’avez aucune obligation à l’accepter. Vous pouvez recourir à la délégation d’assurance quel que soit votre âge en vue de diminuer le coût de votre emprunt. Une fois le contrat d’assurance signé, il est également possible d’en changer à n’importe quel moment pendant les 12 premiers mois, puis à chaque date anniversaire. C’est toujours bon à savoir !

Des produits de financement dédiés aux seniors

Les banques proposent aujourd’hui des produits financiers collant parfaitement au profil des plus de 60 ans, à l’instar du prêt viager hypothécaire et du prêt lissé.

Le prêt viager hypothécaire

À différencier de l’hypothèque classique et de la vente en viager, le prêt viager hypothécaire permet de faire un emprunt en contrepartie d’une hypothèque sur un bien immobilier dont vous êtes propriétaire. En d’autres termes, le bien fait office de garantie, ce qui vous dispense d’assurer votre prêt. Il doit être à usage exclusif d’habitation, mais peut aussi bien faire office de résidence principale que secondaire, et même être mis en location.

Deux types de contrats peuvent vous être proposés :

  • Contrat de prêt viager hypothécaire remboursable au décès de l’emprunteur : de votre vivant, vous ne versez ni intérêts ni capital à la banque. Sauf aliénation, cette dernière ne se rembourse qu’à votre décès, en procédant à la vente du bien hypothéqué.  
  • Contrat de prêt viager hypothécaire avec remboursements périodiques d’intérêts : si vous le pouvez, c’est l’option à retenir afin de limiter la capitalisation des intérêts.

Ce prêt peut aussi faire l’objet d’un remboursement anticipé, mais attention aux frais qui en découlent (les fameuses pénalités de remboursement anticipé, ou PRA). Dans la pratique, le prêt viager hypothécaire est peu utilisé. C’est sans doute la raison pour laquelle les banques sont si peu nombreuses à le proposer. À moins que ce ne soit l’inverse ?

Le prêt lissé

Encore appelé prêt à paliers, le prêt lissé est un montage financier consistant en une modulation successive des échéances de remboursement. D’un palier à l’autre, les mensualités peuvent être revues à la hausse comme à la baisse en fonction des mensualités de prêt existantes au moment du montage. Le prêt lissé permet donc d’optimiser un nouveau financement. C’est aussi l’occasion pour l’emprunteur d’anticiper un futur changement de situation. Par exemple, s’il sait qu’il va prendre sa retraite d’ici 3 ans, mais que le prêt d’origine ne sera pas arrivé à terme, il prévoira une baisse des mensualités le moment venu afin de compenser sa perte partielle de revenus.

Passer le cap de la soixantaine n’est pas forcément un obstacle à l’emprunt. Mais bien évidemment, les chances de financer vos projets de vie augmenteront en proportion de vos moyens et de votre situation.

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