Précarité énergétique, des solutions existent !

Mustapha Azzouz - publié le 07/02/2020 à 18:00

Cet hiver encore, des millions de Français souffrent du froid. C’est le cas des sans-abris, mais aussi des ménages dans l’incapacité d’assumer leurs factures d’énergie. Comment lutter contre le fléau de la précarité énergétique ? Voici quelques pistes.

Un problème social majeur

Selon la loi Grenelle II votée en 2010, être en situation de précarité énergétique, c’est ne pas pouvoir accéder à la quantité d’énergie nécessaire à la satisfaction des besoins fondamentaux en chauffage, gaz et électricité pour trois raisons principales : ressources insuffisantes, prix trop élevés, habitat dégradé.

Un ménage est considéré comme étant en situation de précarité s’il consacre plus de 10 % de ses ressources à ses dépenses d’énergies et qu’il appartient aux 30 % des Français les plus pauvres. Selon l’ONPE (Observatoire National de la Protection de l’Enfance), 4,3 millions de ménages sont touchés par la précarité énergétique si l’on se fie à l’indicateur bas revenus, dépenses élevées (BRDE).

Ils disposent alors de revenus inférieurs au seuil de pauvreté, mais leurs dépenses énergétiques (rapportées à la taille du logement ou à la composition familiale) sont supérieures à la médiane nationale. Le ressenti de l’inconfort est une donnée également prise en compte par l’ONPE. Ce sont 1,6 million de ménages qui se déclarent atteints par la précarité énergétique.

Cette année plus encore que la précédente, le coût des énergies et la mauvaise isolation thermique des logements, combinés à la croissance des inégalités et la stagnation des bas revenus, amènent des millions de Français à ressentir plus durement le froid. La précarité énergétique met en danger leur santé, mais aussi leur sécurité. En effet, l’utilisation de certains chauffages d’appoint augmente considérablement le risque d’incendie dans des logements parfois dans un état de salubrité particulièrement préoccupant.

La précarité énergétique est un problème de société majeur qui doit être pris au sérieux. En effet, selon l’Insee, ce fléau concerne aujourd’hui plus de 9 millions de Français, soit 1 Français sur 6. De plus, en 10 ans, le budget moyen consacré par un ménage à l’électricité et au chauffage a progressé de 32 %.

La précarité énergétique semble être le parfait reflet des inégalités sociales. Ainsi, si l’augmentation des dépenses énergétiques touche 7 % des ménages les plus riches, elle concerne 20 % des ménages les plus modestes !

Un diagnostic au niveau européen

Depuis 2006, le projet européen EPEE (European fuel Poverty and Energy Efficiency) — réunissant la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Espagne et l’Italie — s’intéresse de plus près à la précarité énergétique.

Ainsi, les solutions mises en place doivent s’orienter autour de trois grands axes avec plus ou moins d’impacts :

  • Alléger la facture énergétique pour les personnes présentant de faibles revenus.
  • Rénover les logements dits « passoires thermiques ».
  • Accompagner et informer les ménages sur la bonne maîtrise de leur besoin en énergie.

Les dispositifs de lutte en France

Dans le but de venir en aide aux personnes en état de précarité électrique, l’État a mis en place différentes mesures.

Le chèque énergie

Il a vu son montant augmenter de 50 € en 2019. Il peut désormais atteindre 277 €. Le chèque énergie est attribué en fonction des revenus du ménage et envoyé directement à l’adresse du logement concerné au printemps. Les bénéficiaires peuvent l’utiliser pour régler leurs factures d’énergie (toutes les énergies sont concernées) ou pour réaliser des travaux d’économies d’énergies.

Le chèque énergie permet également de profiter d’une certaine protection énergétique. Les bénéficiaires sont ainsi exempts de frais de mise en service en cas de déménagement. En cas de problème de paiement, ils peuvent aussi bénéficier de la réduction de certains frais. Depuis 2017, le chèque énergie remplace les tarifs sociaux qui permettaient aux foyers les plus modestes de bénéficier de tarifs réduits sur l’électricité et le gaz naturel entre 2004 et 2017.

Le programme « Habiter Mieux »

Lancé en 2011 par l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH), ce programme s’adresse aux propriétaires aux bas revenus souhaitant réaliser des travaux pour augmenter les performances énergétiques de leur logement. Ainsi, un budget de 1,2 million d’euros, pris en charge à 50 % par les Investissements d’Avenir, y a été consacré. Total, EDF et GDF SUEZ participent également à son financement.

L’aide à la rénovation énergétique

Elle permet aux propriétaires d’engager des travaux visant à améliorer le bilan énergétique de leur domicile à moindres frais. Parmi eux, le Crédit d’Impôt Transition Énergétique (CITE), qui devient en 2020 MaPrimeRenov, permet d’obtenir le versement d’une aide pour la rénovation thermique. L’éco-Prêt Taux Zéro permet, lui, d’obtenir un crédit pouvant atteindre 30 000 € pour financer des travaux visant à améliorer la performance énergétique d’un logement ou d’une copropriété.

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