Labels agroalimentaires : peut-on vraiment leur faire confiance ?

Mustapha Azzouz - publié le 20/12/2019 à 13:00

Aujourd’hui, il n’existe pas moins de 70 labels agroalimentaires qui mettent en avant le respect de l’environnement des animaux et l’absence de pesticides. On les voit s’afficher sur les produits dans les rayons des supermarchés ou chez les producteurs, et ils nous invitent à la confiance. Mais sont-ils tous vraiment dignes de confiance ?

Le label A.O.C.

L’Appellation d’Origine Contrôlée (A.O.C.) est un label agroalimentaire attestant de la qualité supérieure du produit, par rapport aux produits courants de même nature. En 1919, il a été créé afin de garantir l’origine du vin. Mais depuis les années 90, il est aussi apposé sur les produits agricoles, alimentaires et forestiers pour désigner un produit provenant d’une région bien déterminée.

L’A.O.C. est le label agroalimentaire français le plus prestigieux. Il est difficile à obtenir par les agriculteurs, car il doit représenter un produit unique, fortement lié à la région dans laquelle il est fabriqué. Les produits vendus sous le sigle A.O.C. sont souvent plus chers, mais en contrepartie, ils sont la garantie de la qualité et de l’authenticité du produit pour les consommateurs.

Bon à savoir : le label Appellation d’Origine Protégée (A.O.P.) est l’équivalent de l’A.O.C. au niveau européen

Ce label agroalimentaire est le gage de l’origine géographique du produit dont la qualité est profondément liée aux techniques de fabrication et de culture.

Le Label Rouge

Créé en 1960, c’est aujourd’hui le plus connu des labels agroalimentaires. Il prend en compte des centaines de produits parmi les œufs et 206 volailles dont la qualité supérieure est attestée. Les produits agricoles non alimentaires et non transformés comme les fleurs et récemment, les fruits de mer sont également concernés. Ce label agroalimentaire garantit le respect du bien-être de l’animal et de l’environnement. Il certifie par exemple que les poulets ont été élevés au grain et en plein air.

Près de 500 produits sont étiquetés Label Rouge, et cela représente un chiffre d’affaires à la production de 1,4 milliard d’euros.

Le label AB (Agriculture Biologique)

Un produit marqué AB est la garantie que ce produit n’a pas été traité avec des pesticides et n’a pas reçu d’additif chimique de synthèse. Trois conditions sont nécessaires pour qu’un produit bénéficie de ce label agroalimentaire :

  • L’activité en agriculture biologique doit être notifiée auprès des directions départementales agricoles ;
  • Des contrôles sont mis en place par un organisme de certification ;
  • Des conditions de production précises doivent être utilisées.

En réalité, les engagements qu’implique l’utilisation du label agroalimentaire AB sont strictement les mêmes que pour le label européen. Les deux sigles ont désormais le même cahier des charges.

Le label Demeter

Créé en 1927, ce label agroalimentaire certifie les produits issus de l’agriculture biodynamique. Il s’agit d’une agriculture qui se base sur les rythmes des saisons et de la lune, du soleil ou encore des planètes. Ce label agroalimentaire certifie que les engrais utilisés sont naturels et que les animaux sont nourris à 80 % avec les produits de l’exploitation agricole. Enfin, il s’assure que les déchets et sous-produits de l’activité agricole soient réutilisés.

Il s’agit d’un label agroalimentaire très exigeant et facilement comparable au label AB dans les démarches pour l’obtenir. Les exploitations agricoles utilisant le label Demeter doivent obligatoirement être biologiques.

Le label Nature & Progrès

Contrairement aux autres labels agroalimentaires bios, « Nature & Progrès », créé en 1964, ne passe pas par un organisme de contrôle et de certification privé. Les contrôles sont réalisés par une commission d’agriculteurs et de consommateurs qui se renouvelle tous les ans. Les principales qualités que ce label souhaite mettre en avant sont « des relations de convivialité et de proximité entre les hommes et leur milieu [pour] une société humaniste, écologique et alternative. »

Nature & Progrès lutte activement contre les OGM, les effets pervers de la mondialisation et l’intensification agricole.

Le label Bio Cohérence

Ce label agroalimentaire cherche à limiter l’impact de l’agriculture sur l’environnement. Il fait preuve de bon sens et s’adapte aux régions dans lesquelles les produits sont cultivés. Ce label agroalimentaire a pour vocation de regrouper tous les acteurs de la filière bio en respectant les facteurs environnementaux, sociaux et économiques.

Il dénonce ainsi la coexistence d’une culture bio et non bio. Par ailleurs, il défend le principe du lien au sol (au moins 50 % des aliments pour les animaux doivent être produits sur la ferme, 80 % pour les herbivores). Le label agroalimentaire exige 100 % d’ingrédients bios dans les produits transformés.

Le label Bio équitable

Ce label agroalimentaire est né en 2002. Il vient de l’association de PME travaillant dans le domaine de l’importation et de la transformation de matières premières venues des pays du Sud. Il défend à la fois l’agriculture biologique et le commerce équitable.

Ce label agroalimentaire garantit entre autres de : 

  • Rémunérer les agriculteurs au juste prix ;
  • Respecter les droits des agriculteurs et producteurs ;
  • Développer l’agriculture durable et promouvoir les producteurs ruraux ;
  • Soutenir les producteurs en limitant leurs frais. 

Le label IGP (indication géographique protégée)

L’IGP désigne un produit alimentaire originaire d’une région en particulier et qui en tire une partie de sa spécificité. Ce label agroalimentaire permet de défendre les noms géographiques principalement sur les viandes et volailles. Cette dénomination vise les groupements de producteurs et de transformateurs qui sont intéressés par la protection d’un produit spécifique portant un nom géographique. Avant le 1er janvier 2007, ce label agroalimentaire devait être couplé au Label Rouge ou à une certification de conformité produit (CCP). Cela n’est désormais plus nécessaire.

Les différents labels agroalimentaires sont en principe autant de gages qui garantissent une alimentation saine. Cela dit, la question : « peut-on toujours être sûr de ce que l’on mange ? » subsiste. Le mieux que l’on puisse faire est de ne pas se fier aux labels peu connus, souvent créés par les industriels. Cependant, les labels reconnus sont de véritables garanties pour nos assiettes.

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