Les allergies alimentaires : état des lieux

Alexis Guiot - publié le 23/12/2019 à 18:00

Evolution de la réglementation sur l’étiquetage des allergènes, apparition de gammes de produits spécifiques dans les rayons de supermarchés… Les allergies alimentaires sont particulièrement présentes et plusieurs mesures permettent désormais de mieux les prévenir. Très impactantes au quotidien pour les personnes concernées, elles peuvent survenir à tout âge et un grand nombre d’aliments peuvent être mis en cause.
 

Les allergies alimentaires en forte augmentation ?

En France, plus de 6 % des enfants et 3 % des adultes souffrent d'une allergie alimentaire. Des chiffres qui ont « très fortement augmenté ces vingt dernières années », indique le Docteur Delphine de Boissieu, Pédiatre-Allergologue à l'hôpital Necker-Enfants Malades de Paris. Parmi les causes probables de cette augmentation, celle qui vient en premier est « notre environnement qui a changé, et qui favorise désormais l'apparition d'allergies alimentaires dès l'enfance », poursuit le Docteur de Boissieu.

Il faut également tenir compte de l'amélioration des diagnostics, qui « sont mieux posés, notamment sur les formes d'allergies alimentaires plus chroniques et moins dangereuses ». Toutefois, la hausse semble ralentir, voir stagner. « Bien que les études épidémiologiques soient complexes à réaliser, les données disponibles semblent indiquer qu'un plateau est atteint depuis quelques années ».
 

Les aliments incriminés changent selon les âges

On peut avoir des allergies alimentaires à tous les âges. On ne retrouvera cependant pas les mêmes allergènes mis en cause selon les stades de la vie. Ainsi, le Docteur de Boissieu explique que « le lait, le blé et l'œuf sont les allergies alimentaires les plus largement répandues à la petite enfance. Les allergies au lait et au blé guérissent le plus souvent assez rapidement. L'allergie à l'œuf guérit quant à elle un peu plus tard dans l'enfance. Chez l'adolescent et l'adulte, on retrouve plutôt des allergie aux arachides, fruits à coque, poissons et crustacés qui sont des allergies beaucoup plus durables ».

Les personnes allergiques à certains pollens, ne présentant pas d'allergie alimentaire à la petite enfance, sont également susceptibles de développer des réactions allergiques avec des protéines de fruits ou de légumes, plus tard dans leur vie. C'est le cas par exemple de l'allergie à la pomme qui est fréquente chez les personnes allergiques au pollen de bouleau, il s'agit d'une allergie dite « croisée ».

Quand les allergies se croisent

On parle d'allergie croisée quand une personne allergique à une substance réagit à une autre en raison de la forte ressemblance des deux protéines. « Il existe des allergies croisées entre aliments de même famille, par exemple l'allergie à la cacahuète peut engendrer une allergie croisée avec les pois, lentilles et haricots; tous ces aliments font partie de la famille des légumineuses » indique le docteur de Boissieu.

Les allergies croisées sont également fréquentes entre protéines animales. De nombreuses personnes allergiques à la Protéine de Lait de Vache (PLV) sont, ainsi, également allergiques aux laits de chèvre et de brebis. Il existe aussi un lien entre familles différentes d'aliments, ainsi un certain nombre de personnes allergiques à la cacahuète (légumineuse) sont également allergiques à la famille des oléagineux (noisette, amande, noix pistache…).
 

Allergie ou intolérance alimentaire ?

L'allergie et l'intolérance alimentaire correspondent chacune à des mécanismes très différents.

Une allergie implique une réaction du système immunitaire qui fait intervenir :

  • Soit les IGE, les anticorps de l'allergie. Les symptômes peuvent varier considérablement (picotements, gonflement dans la bouche ou la gorge, rougeurs sur la peau, plus rarement nausée, vomissements et diarrhée). La réaction allergique peut aller jusqu'au choc anaphylactique pouvant créer un arrêt de la circulation et pouvant engager le pronostic vital. Il s'agit d'une urgence nécessitant une injection d'adrénaline au plus vite.
  • Soit des cellules immunitaires qui sont responsables de symptômes plus chroniques, essentiellement digestifs et cutanés. On parle alors d'allergie non IGE médiée.

L'intolérance alimentaire, quant à elle, ne correspond pas à un mécanisme immuno-allergique. L'enzyme nécessaire à la digestion de l'aliment incriminé est absente ou inactive, impliquant des symptômes exclusivement digestifs. Ainsi, l'allergie au lactose par exemple, n'existe pas. Il s'agit d'une intolérance alimentaire.

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