Etre locavore : nouveau business ou vraie bonne affaire ?

La rédaction - publié le 03/09/2019 à 14:30

Le "locavorisme", comprenez le mouvement qui prône la consommation des aliments produits dans un rayon de 250 km maximum autour de son habitation, prend de plus en plus de l'ampleur. Mais ces bonnes intentions économiques et écologiques sont-elles vraiment sans faille ? Peut-on vraiment consommer local en toute confiance ? Qui profite de ce nouveau système ?

Consommez-vous locavore ?

Ayant vu le jour à San Francisco en 2005, lors de la célébration de la journée mondiale de l’environnement, le locavorisme préconise et encourage les consommateurs à consommer les produits frais et de saisons, cultivés dans des rayons de 160 km à la ronde.Les objectifs ? Soutenir l’agriculture, donc l’économie d’une région, et réduire les coûts du transport afin de limiter les émissions de CO2 associées. Ce régime alimentaire veut recréer une certaine solidarité et harmonie entre les populations, et soutenir la biodiversité des paysages, des cultures et des écosystèmes.Se nourrir exclusivement des aliments produits aux alentours de 200 km à la ronde, n’est pas toujours chose facile ; mais deux bonnes raisons guident le choix des locavores. Ils estiment en outre, qu’en mangeant local :

  • ils limitent le transport des aliments, donc réduisent leur impact sur l’écosystème ;
  • participent à l’économie de leur région donc de leur pays
  • surveillent leur alimentation au quotidien.

A noter : le locavore ne consomme pas forcément bio. Si certains le privilégient, ce n’est pas une obligation. Après tout, ne vaut-il pas mieux consommer un kiwi classique de Bretagne plutôt qu’un kiwi bio venu du japon par avion ?

Les locavores : tous des bo-bos ?

Le locavorisme séduit de plus en plus de personnes, en raison des différents avantages qu’il offre aux petits producteurs, ainsi qu’aux consommateurs. Il n’est pas spécifique aux « écolos bo-bos », contrairement aux nombreux aprioris qui circulent sur la toile. Depuis son arrivée en France en 2008, ce mouvement semble convenir à de plus en plus de personnes désireuses de contribuer, à leur manière, à la promotion des enjeux du développement durable.Ce régime alimentaire permettant aux petits producteurs, aux coopératives de cultivateurs, aux association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), aux commerçants et artisans locaux de mieux résister à la concurrence et de vivre décemment, n’est pas le propre d’un classe sociale.Il s’adresse à tous ceux qui souhaitent contribuer au développement de l’économie de leur région, en faisant valoir la qualité du produit local.

Agriculteur ou consommateur : tout le monde y trouve son compte ?

Pour le producteur : produire pour le marché local est un bon investissement pour le producteur, car les ventes se font directement avec le consommateur. Cela lui permet de faire une marge supérieure à celle faite avec un intermédiaire. Aussi, c’est une occasion pour lui d’assurer la pérennité des exploitations, donc la création d’emplois.Pour le consommateur : il trouvera également son bénéfice, car les prix "direct-producteur", sont équivalents voire inférieurs à ceux proposés dans les grandes surfaces. L’avantage principal réside dans le fait qu’il connait son agriculteur, contrairement à l’anonymat des produits de grandes enseignes. L’agriculteur s’engage donc à fournir des produits plus savoureux pour fidéliser le client.

La grande distribution sur les traces des locavores

Si les ventes sont aussi rentables, pourquoi les grandes enseignes ne se lancent-elles alors pas dans la commercialisation de ce type de produits ?De grandes enseignes en France, comme Monoprix ou Carrefour, se sont déjà engagées dans une démarche locavore. Mais cette démarche n’est pas sans arrière pensée... La commercialisation des produits fermiers, dans les magasins, vise officiellement à satisfaire et à répondre aux attentes des consommateurs à la recherche de produits authentiques. Mais les enseignes visent clairement à retenir des consommateurs tentés de prendre la clé des champs pour aller faire leurs courses ailleurs. Il faut clairement rester dans la course en surfant sur la tendance des produits valorisant la notion de tradition, de lien social, d’une consommation éco-responsabilité, ayant une meilleure qualité gustative et nutritionnelle.Cet accord partenarial, signé avec l’organisme Le petit producteur, est une vraie valeur ajoutée qui leur permet de mieux résister à la concurrence, afin d’accroître leurs chiffres d’affaires.Malheureusement, si le producteur est mis en avant, le consommateur trinque : car qui dit intermédiaires, dit marges. Comptez de 10 à 30 % supplémentaires pour manger locavore en faisant vos courses dans les enseignes de la grande distribution.

Locavore : attention arnaques !

La demande des locavores est de plus en plus grandissante et la commercialisation des produits fermiers est en pleine expansion : d’où la propagation des arnaques.Pour éviter les arnaques concernant, par exemple, l’utilisation de la mention « produit fermier » à des fins commerciales, dans certaines enseignes visant des intérêts toujours plus grands, une réglementation stricte et contraignante est mise en place pour protéger les consommateurs.Toutefois, il faut rappeler que personne n’est à l’abri des escroqueries ! De ce fait, vous devez, avant de choisir vos produits locaux dans les enseignes, comparer les prix, déchiffrer les étiquettes et vous assurer du partenariat existant entre l’enseigne en question et le producteur local.Et n’oubliez pas, un produit pour locavore est forcément un produit de saison et local ! Si vous avez acheté un ananas, même au cœur de l’hiver, nul doute que vous êtes sur la liste des victimes du "marketing du locavore".

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