L'huile de palme, ce poison qui nuit à vos enfants et à la planète

La rédaction - publié le 04/10/2019 à 14:30

L'huile de palme a envahi nos magasins : on en retrouve dans un produit sur dix en rayons et surtout dans la moitié des produits alimentaires ; à tel point que chaque Français en consommerait 2 kg par an ! L'Assemblée Nationale s'est récemment exprimée en faveur d'une taxe sur les produits contenant de l'huile de palme, la fameuse ?'taxe Nutella'' dont l'objectif est de nous prémunir de ses dangers. Mais quels sont-ils au juste ? La santé est-elle le seul domaine où l'utilisation d'huile de palme peut avoir des conséquences ?

Une menace potentielle pour la santé

On retrouve de l’huile de palme partout : margarine, céréales, plats préparés, pâte à tartiner, produits cosmétiques, produits ménagers et même dans certains produits bio. Si elle est autant utilisée par les industriels de l’agro-alimentaire, c’est principalement en raison de son coût très bas : c’est l’huile la moins chère du marché (20 à 40 % de moins). Ce qui la rend dangereuse, c’est qu’elle est majoritairement composée d’acides gras saturés qui exposent les consommateurs à des risques de maladies cardiovasculaires. Dans les acides gras saturés de l’huile de palme on retrouve principalement de l’acide palmitique qui favorise la production de mauvais cholestérol. Pire, l’acide palmitique est soupçonné d’augmenter les risques de certains cancers, notamment les cancers du sein, du colon et de la prostate !En théorie, il suffirait de contrôler la quantité d’acides gras saturés ingérés, pour éviter les risques pour la santé. Cependant, les industriels ne sont pas obligés d’inscrire la quantité d’huile de palme présente dans le produit. Or, celle-ci est en générale assez élevée. A titre d’exemple, dans deux cookies de fabrication industrielle, on retrouve, en moyenne, 7 g d’acides gras saturés alors que les nutritionnistes préconisent 10 à 20 g par jour. On voit bien ici, à quel point il est facile de dépasser les recommandations des nutritionnistes !Pour répondre à la demande toujours croissante en huile de palme, il faut cultiver de plus en plus de palmier à huile. Et cela n’est pas sans conséquences sur l’environnement...

Un désastre écologique en marche

Le principal danger engendré par la surconsommation d’huile de palme n’est pas d’ordre sanitaire (elle n’est pas naturellement nocive, c’est notre alimentation qui contient beaucoup de graisses qui en fait sa dangerosité) mais environnemental. En effet, pour répondre à l’explosion de la demande, les producteurs, principalement en Asie du Sud-Est, n’hésitent pas à raser des pans entiers de forêt séculaire. A titre d’exemple, en Indonésie, l’équivalent de six terrains de foot disparaît chaque minute, soit l’équivalent d’un terrain de foot toutes les dix secondes !Le feu est la principale méthode employée pour détruire les arbres des forêts tropicales où l’huile de palme est cultivée. En dehors du fait qu’on pourrait réutiliser le bois des arbres s’ils étaient supprimés différemment, la destruction par le feu entraîne d’importantes émissions de dioxyde de carbone. Ainsi, l’Indonésie est devenu, derrière les Etats-Unis et la Chine, le troisième pays émetteur de dioxyde de carbone (CO2) alors que près de 80 % des émissions de CO2 de l’Indonésie est causé par la déforestation !La déforestation a aussi de lourdes conséquences sur la biodiversité. La faune locale, lorsqu’elle ne se retrouve pas prisonnière des flammes, voit son habitat détruit et éprouve de plus en plus de difficultés à se nourrir. Le cas des orang-outan en est un exemple assez frappant : ces grands primates vivent dans les arbres et se nourrissent exclusivement de végétations. Or, la destruction de leur habitat naturel menace directement la survie de cette espèce pourtant protégée ! Ainsi, une étude de 2008 révèle que lors de la mise en place d’une plantation d’huile de palme, 77 % des oiseaux et 83% des papillons disparaissent !Les populations locales ne sont pas non plus épargnées. La culture des palmiers à huile entraîne une destruction des sols ainsi qu’une pollution des cours d’eau. Après seulement quelques années d’exploitation, les cultures de palmiers à huile ont totalement ravagé les terres qui ne sont plus exploitables. Les populations locales doivent alors faire face à la destruction de leurs moyens de subsistances et se retrouvent appauvries.Les dangers de l’huile de palme sont dénoncés par des associations (Greenpeace, Sauvons la forêt, etc.) depuis plusieurs années. Pour y faire face, les industriels se sont lancés dans la réalisation d’huile de palme certifiée « durable ». Cette huile de palme certifiée serait plus respectueuse de l’environnement, mais cela reste à vérifier...

Qu'en est-il de l'huile de palme certifiée ?

La Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) est une certification qui garantit une production d’huile de palme plus respectueuse de l’environnement : pas de déboisement, utilisation pour la culture de terres déjà dégradées, etc. On retrouve dans cette table ronde à la fois des ONG comme la WWF, mais aussi et surtout des grands groupes de l’industrie agroalimentaire.Les problèmes avec cette certification RSPO sont que les conditions d’accès ne sont pas réellement contraignantes et les contrôle du respect des règles sont pour ainsi dire inexistants. Ainsi, on retrouve sur le terrain les mêmes problèmes entre des cultures certifiées et d’autres qui ne le sont pas. D’une part, la certification RSPO n’interdit pas la déforestation, ni l’emploi du feu pour déboiser. D’autre part, la certification d’une entreprise n’implique pas une utilisation intégrale d’huile de palme certifiée.Autrement dit, les industriels peuvent n’avoir qu’une partie de leur production qui est certifiée. Pire, les producteurs peuvent mélanger les huiles certifiées et celles qui ne le sont pas sans pour autant perdre leur certification ! Au final, le seul bienfait de cette certification est d’empêcher l’expropriation des terres, mais en aucun cas elle ne certifie que l’huile est issue d’un processus de production respectueux de l’environnement ! Tant que les industriels définiront eux-mêmes les conditions d’accès à la certification RSPO, celle-ci ne pourra être qu’une énorme tromperie. Sous l’impulsion de certaines associations comme Greenpeace et des trois groupes produisant l’huile de palme, une nouvelle certification POIG pour Palm Oil Innovation Group, est en cours de réalisation. Reste à savoir si celle-ci sera plus efficace que son ainée...

Contrôler sa consommation

Comme nous l’avons déjà dit, on retrouve de l’huile de palme dans un produit alimentaire sur deux, essentiellement dans les produits industriels. Pour réduire votre consommation, il vous faudra vous armer de patience (et de vos plus belles lunettes) pour déceler sa présence dans la liste des ingrédients du produit. Attention, les industriels n’inscrivent que très rarement, et pour ainsi dire jamais, la mention « huile de palme », il lui préfère « huile végétale ». Comme ils n’hésitent pas à préciser l’origine de l’huile quand celle-ci est issu de colza ou de tournesol, si vous lisez huile végétale, c’est qu’il y a de très fortes chances que celle-ci soit composée, au moins en partie, d’huile de palme. Pour connaître toutes les dénominations possibles qui cachent la présence d’huile de palme, vous pouvez vous rendre sur le blog « vivre sans huile de palme ».Plusieurs enseignes se sont déjà lancées dans la lutte contre l’huile de palme en la supprimant de leurs produits, à l’image des magasins U, de Findus, des biscuits Saint Michel ou encore du pain de mie Jacquet. Mais l’utilisation d’huile de palme dans l’industrie agroalimentaire demeure une norme très largement répandue.Finalement, le meilleur moyen pour chasser l’huile de palme de votre alimentation est de préparer vous-même vos repas, en utilisant un minimum de produits manufacturés. Et quand on voit ce que mettent les industriels dans la composition de leurs plats préparés (fromage analogue, huile de palme, etc.), préparer ses repas soi-même ne peut être que bénéfique pour la santé !

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