Jardin en permaculture : mode d’emploi

Gala K - publié le 02/04/2020 à 15:00

Alors que le bio s’impose dans les jardins, la permaculture permet d’aller encore plus loin dans le respect de l’environnement. Mais qu’est-ce réellement que la permaculture, comment ça marche et comment s’y mettre ? Découvrez tout ce que vous devez savoir pour un jardin en parfaite harmonie avec la nature.

La permaculture, qu’est-ce que c’est ?

Avant de parler de jardin en permaculture, rappelons que la permaculture est bien plus qu’une nouvelle approche du jardinage. Comme nous vous l’expliquons dans ce guide du permaculteur débutant, c’est une philosophie de vie où animaux, insectes, êtres humains, plantes et micro-organismes vivent en harmonie dans un environnement sain et auto-suffisant.

Le mot « permaculture » en lui-même est la contraction de « (agri)culture permanente ». Il fut inventé par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 1970. Il regroupe des principes et des techniques d’aménagement et de culture, à la fois ancestraux et novateurs, dans un concept global, le design. Il vise à faire de son lieu de vie un écosystème harmonieux, productif, autonome, naturellement régénéré et respectueux de la nature et de TOUS ses habitants !

Les avantages d’un jardin en permaculture

Créer un jardin en permaculture permet de répondre à nos besoins humains tout en améliorant notre environnement (développement de la biodiversité, création d’habitats pour la faune et les insectes utiles, enrichissement de la terre).

Un jardin en permaculture a, en effet, vocation à remplir plusieurs fonctions. En plus de la production alimentaire de fruits et légumes au potager, il peut servir à la production de plantes médicinales, d’herbes aromatiques ou encore de fleurs mellifères ou d’ornement. Le jardin en permaculture permet également la production de matières végétales pour l’artisanat et crée des espaces de vie relaxants, romantiques ou ludiques… Le tout est de savoir par où commencer et de suivre pas à pas la méthodologie de design pour concevoir efficacement !

Permaculture : les principes clés

Observer et analyser votre site

Cela va vous permettre d’intégrer à votre plan les connexions entre les éléments essentiels de votre système. Vous développerez ainsi des relations saines et des interactions harmonieuses entre ces éléments et aurez une meilleure compréhension de votre environnement. Il est important de connaître le cycle de l’eau, le cycle solaire, les vents dominants, le climat, les microclimats et les types de sols sur votre terrain. Vous pourrez de cette manière mieux choisir vos supports de cultures et leurs emplacements. Il en va de même pour votre verger, vos animaux…

Valoriser la diversité dans votre éco-système

L’objectif ici est d’augmenter les interactions productives entre les êtres vivants. Vous créerez ainsi un système plus résilient qui se régénérera plus efficacement.

Définir vos zones d’activités

Pour que le jardin en permaculture simplifie vraiment la vie, il est important d’organiser sa parcelle afin d’économiser de l’énergie. Dans un jardin en permaculture, il y a généralement cinq zones. La zone 1 est celle où l’activité humaine est très fréquente, elle doit donc se situer au plus près de votre maison. C’est là que l’on trouvera les légumes nécessitant un soin quotidien, les herbes aromatiques.

Dans la zone 2, on retrouvera les plantes vivaces et les légumes plus grands, mais aussi le poulailler, le récupérateur d’eau de pluie ou le vermicomposteur. Dans la zone 3, les visites sont hebdomadaires. Les jardins en permaculture en zone urbaine ont rarement une zone 3, assez sauvage, où l’on installe par exemple une étable. La zone 4 est également facultative, c’est celle où vous installerez vos animaux autonomes (ânes ou chevaux) si vous en avez.

Enfin la zone 5 est celle où l’activité humaine est quasi-inexistante, elle est la plus éloignée de votre habitation (forêt, espaces laissés à l’état sauvage).

Imiter la nature

C’est le modèle ultime de permaculture ! Prenez donc le temps de vous connecter avec le monde naturel autour de votre maison. Cherchez des moyens de l’imiter en reproduisant, par exemple, une forêt comestible avec la couverture du sol, une strate arbustive, une couche d’arbres courts et une couche de grands arbres qui fonctionnent en symbiose. Avec une forêt comestible bien conçue, vous pouvez avoir un système qui se régénère et produit graines, noix, baies, fruits, fleurs, racines, herbes, légumes et plus encore ! Les jardins en permaculture laissent donc aussi une grande place aux espèces pérennes… comme c’est le cas pour notre Potager 3 P.

Être malin

Faites en sorte que chaque élément de votre système remplisse plusieurs fonctions. Par exemple, vos poules, en plus de vous fournir de la nourriture, nettoient votre sol, le fertilisent, mangent vos déchets de cuisine et des insectes potentiellement nuisibles tout en divertissant petits et grands par leur compagnie !

Bon à savoir : apprenez à penser permaculture

À chaque étape de la création de votre jardin en permaculture, faites en sorte que chaque fonction de votre potager puisse être remplie par plusieurs éléments ! Par exemple, les fertilisants pour amender votre sol peuvent être fournis par vos animaux, votre compost, ainsi qu’une lombriculture (jus et terreau de lombricompost)…

Les techniques de base du jardin potager en permaculture

Ne pas laisser le sol nu

Pour que le jardin en permaculture puisse vivre, il faut toujours utiliser du « mulch » (ou paillage) pour garder l’humidité dans le sol. Ce mulch peut être vivant (espèces couvre-sol, densité élevée de plantations), minéral (pierre, ardoise) ou végétal (paillis, bois broyé, etc.). Vous pouvez même utiliser du carton.

Récupérer, faire circuler et utiliser au mieux l’eau

Recycler au maximum l’eau est un principe essentiel d’un jardin en permaculture. Non seulement l’eau garde le sol et les plantes hydratés, mais elle attire également la faune. Par exemple, des barils de récupération d’eau de pluie sont souvent utilisés au niveau des descentes de gouttières. L’eau de pluie, chargée d’éléments nutritifs est particulièrement bonne pour le jardin. On peut donc imaginer qu’une eau ayant servi au bain des canards, infiltrée près des plates-bandes de culture, puisse être une aubaine pour certains légumes.

Choisir les bons supports

Pour vous économiser de l’énergie et du temps, notamment si vous débutez en jardinage, choisissez correctement votre support de culture. Il doit être réellement adapté à vos objectifs et votre contexte (humain, environnemental, climatique). Selon ces différents éléments, vous pourrez opter pour différentes configurations. Le jardin en permaculture classique (plat) a ses avantages. Bien souvent, les buttes peuvent s’inviter sur certaines parcelles. Composée uniquement de terre, bio-intensive ou incluant du bois : là encore vous avez différentes options. Il ne faut également pas oublier la méthode de la « lasagne » qui créera un environnement propice à la permaculture. Vous éviterez ainsi bien des écueils et autres échecs dus à des supports de culture inadaptés.

Pratiquer des associations positives

Pour que votre jardin en permaculture s’épanouisse pleinement, il est important de combiner la culture de différentes plantes. Légumes, herbes, fleurs comestibles, petits arbres fruitiers et plantations d’ornement sont couramment cultivés ensemble. Ils interagissent de manière vertueuse et permettent la remontée d’eau de nutriments, de créer un microclimat et de se protéger les unes les autres des maladies et des parasites.

Cultiver serré

La diversité est la clé de la réussite d’un potager en permaculture. Utilisez un minimum d’espace en cultivant par exemple sur des buttes, ou des planches permanentes, qui prennent peu de place et sont facilement accessibles ou encore à la verticale sur des treillis ou des paniers suspendus !

Créer des jardins en forme de « trou de serrure »

Ce sont des modèles très esthétiques favorisant « l’effet de bordure » qui permet de créer un microclimat sur une zone restreinte. Ils sont souvent en forme de fer à cheval dans les jardins en permaculture, facilement accessibles avec au centre, selon vos envies, ou vos besoins, un arbre, un arbuste ou encore un petit étang…

Apprendre à faire une « lasagne »

Cette technique est une autre solution, en particulier pour les plantations annuelles. Plutôt que de labourer le sol, utilisez du papier journal ou du carton humide comme barrière contre les mauvaises herbes sur la future zone de culture. Cela permettra à l’eau et aux racines des plantes de pénétrer le sol et contribuera même à l’enrichir (les vers de terre raffolent du carton !). Mettez ensuite une autre couche de paille ou d’autres paillis organique appropriés, puis une couche de compost et de terre pour les plantations. Enfin recouvrez de mulch pour aider à retenir l’humidité.

Attirer les vers de terre

Ils sont essentiels dans un jardin en permaculture. Ils aident à garder le sol meuble et en bonne santé. Une bonne structure du sol se compose d’une grande population de vers de terre et d’insectes bénéfiques. Il ne faut donc pas utiliser de pesticides et autres fongicides chimiques qui détruiraient la vie de votre sol.

Faire son compost

C’est un autre élément important dans un jardin en permaculture où rien ne doit jamais être perdu. Ainsi, tous les matériaux pour la fertilisation et le paillage seront produits dans le jardin en permaculture. Les déchets du jardin seront utilisés pour le compostage qui, à son tour, sera utilisé pour l’amendement du sol.

Une fois votre jardin en permaculture conçu et réalisé, il prendra soin de lui-même naturellement et vous n’aurez plus alors qu’à l’arroser de temps en temps, en récolter les fruits et remettre occasionnellement du mulch pour protéger votre sol.

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