Le potager bio : les grands principes pour se lancer

Mustapha Azzouz - publié le 07/02/2020 à 17:00

Alors que les produits bios se font une place en or sur les étals de nos marchés, leurs prix nous font encore parfois hésiter. Pourquoi ne pas les cultiver directement dans son potager ? Voici 6 principes clés pour se lancer dans l’aventure du bon et du bio accessible.

Potager bio : bien choisir son emplacement

Qu’il s’agisse d’un potager bio ou non, son emplacement doit être déterminé avec soin. C’est une étape indispensable pour ne pas se retrouver sans récolte et totalement découragé au bout d’une année. Pour maximiser son rendement, votre potager bio devra se situer sur :

  • Un terrain ensoleillé : une bonne exposition permettra à vos légumes de se gorger de soleil.
  • Une zone peu venteuse : les bourgeons n’apprécient pas d’être ballotés par le vent, surtout lorsque celui-ci est encore froid au début du printemps.
  • Un sol non pollué : la pollution du sol peut perdurer sur des années, soyez donc attentif au passé de l’emplacement. Ainsi, les emplacements d’une ancienne décharge ou la présence d’une fosse septique sont à bannir.

Bon à savoir : gardez votre potager bio à portée de main

Lorsque vous choisirez l’emplacement de votre potager, préférez une parcelle proche de chez vous. En effet, la proximité du potager évite bien des désagréments quand le temps est mauvais et qu’il faut partir chercher ses légumes pour le repas tout au fond du jardin. Cela permet aussi de s’inspirer au quotidien pour le menu du jour. Mais pour autant, mieux vaut ne pas le coller directement aux murs de la maison pour éviter les zones d’ombres importantes.

Des cultures intelligentes !

Finalement, le point central du projet de potager bio reste la récolte des fruits et légumes. En fonction du climat et de ses particularités, la composition du potager bio ne sera pas identique : inutile d’espérer faire pousser des melons dans le nord de la France, tout comme du chou dans les régions chaudes et sèches en été.

Le jardinage bio, c’est aussi ça : une agriculture qui respecte les saisons et les rigueurs climatiques. La rusticité de la plante, c’est-à-dire sa capacité à résister au froid et au gel, vous permettra de savoir quoi planter dans votre potager. En cas de doute, consultez les sites spécialisés comme aujardin.info ou graines-et-plantes.com.

Sachez également que certains légumes font bon ménage, s’aidant mutuellement à pousser en répartissant les ressources du sol en fonction des besoins de chacun. D’autres, au contraire, se taillent la part du lion et risquent tout simplement d’empêcher leurs voisins de pousser, faute de nutriments en quantités suffisantes. Ainsi, on évite de mettre à proximité directe certains plants.

Pour trouver les combinaisons gagnantes du potager, aidez-vous d’un tableau du compagnonnage (disponible sur tous-au-potager.fr par exemple). C’est en effet ainsi que l’on nomme cette méthode de jardinage qui associe des espèces complémentaires.

Afin d’évaluer au mieux la taille de votre potager, mais aussi d’optimiser son rendement, l’étape des « plans » est indispensable. Avant de mettre les mains à la terre, prenez donc le temps de coucher sur papier l’ordonnancement de votre futur potager bio. Cela vous permettra de répondre plus facilement aux critères précédents, pour ne pas faire côtoyer légumes ennemis dans votre potager, mais plutôt de favoriser les amitiés productives.

Enfin, n’oubliez pas qu’un jardinier heureux obtient de beaux légumes ! Alors, ne surestimez pas vos capacités, ni le temps que vous pouvez accorder à votre potager bio. Vous risqueriez simplement de vous décourager devant l’importance de certaines tâches particulièrement chronophages. Mieux vaut donc commencer petit et agrandir sa zone de culture au fur et à mesure de l’expérience acquise.

Adieu aux produits chimiques

Le but du potager bio est avant tout de supprimer tout recours à des produits chimiques, particulièrement polluants, pour faire pousser ses fruits et légumes. Comme le dit l’adage : la nature est bien faite ! Le dopage n’est donc pas nécessaire pour obtenir des résultats satisfaisants à petite échelle.

Pour contrer nuisibles et autres maladies, la solution se trouve bien souvent dans la nature. Pour trouver des parades contre les moucherons, éviter aux rongeurs de s’attaquer à vos jeunes plants, ou faire fuir les limaces de vos salades, misez sur les recettes de grand-mère. Herbe coupée, les feuilles de rhubarbe ou encore la cendre de bois : elles réemploient la plupart du temps des produits verts. Vous pourrez également fabriquer des insecticides bios à base d’ail ou d’orties pour repousser les insectes trop gourmands. Et pour lutter contre les pucerons, vous ne trouverez pas mieux que les coccinelles !

Là aussi, le compagnonnage des plantes est une idée de choix pour venir à bout de certains nuisibles. Ces bonnes interactions permettent en effet aux plantes de veiller les unes sur les autres. Ainsi, des capucines repiquées auprès des rosiers les préserveront des pucerons. En les plantant aux pieds des tomates, elles les tiennent au frais et les cochenilles, ayant une préférence pour les capucines, s’occuperont de ces dernières en ignorant les tomates qui leur sembleront moins goûteuses.

Vous pouvez aussi planter des œillets d’Inde qui chasseront les nématodes grâce à une substance chimique contenue dans leurs racines. La présence d’œillets d’Inde limite également l’apparition du liseron ou du chiendent. Leur action préventive vaut en outre pour les autres plants potagers comme les poivrons, piments, aubergines, courgettes, courges ou encore les fraisiers.

Pour booster votre potager bio, ayez le réflexe compost naturel ! Déchets verts de la cuisine (épluchures, coquilles d’œufs...), déchets du jardin (herbes tondues, feuilles mortes...), ce compost 100 % naturel apportera tous les nutriments nécessaires à la croissance de vos légumes. Cela demande un peu de temps pour la décomposition, mais le résultat et les économies d’engrais chimiques valent la peine d’attendre.

La rotation des cultures

La rotation des cultures consiste à faire se succéder différentes cultures sur une même parcelle. Ce changement intervient chaque année au moment des semis. Mise en application depuis la nuit des temps, cette méthode permet de laisser la terre se recharger après le passage de légumes particulièrement voraces en nutriments, comme l’aubergine ou la courgette.

Cette rotation s’effectue sur un cycle de 2 ans. Attention tout de même, il y a quelques règles à respecter pour ne pas saboter sa récolte. Certains légumes ne peuvent se suivre comme la carotte et les haricots. Dans l’idéal, il faut respecter le cycle suivant :

  • Légumineuses.
  • Liliacées (ails, oignons).
  • Solanacées (tomates, poivrons, aubergines, pommes de terre).
  • Brassicacées (choux de toutes sortes).
  • Cucurbitacées (courgettes, melons, cornichons).

Vous pourrez ensuite recommencer un autre cycle. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site gerbeaud.com.

Un arrosage gratuit ou presque

Pas de potager bio sans récupérateur d’eau. L’eau étant devenue une ressource précieuse et limitée, le jardinier en tant que grand consommateur se doit de la préserver.

Arroser son jardin peut vite revenir cher alors, pour réduire ce poste de dépenses, la solution va tomber du ciel : il suffit de récupérer l’eau de pluie. Peu calcaire et peu minéralisée, elle serait même plus efficace qu’une eau traitée.

Du simple bidon suffisant à arroser quelques jardinières aux cuves enterrées pour un grand potager, il existe toute une gamme de matériel pour récupérer cet or cristallin. L’investissement peut donc être considérable si l’on décide de se payer le modèle toute option. Vous pourrez toutefois très facilement fabriquer un récupérateur d’eau maison.

Un baril en plastique accompagné de son couvercle, une grande poubelle ou un tonneau de bois pourront tout à fait faire office de cuve. Si vous avez de la place, vous pourrez également récupérer de grands containers en plastique de 1 000 L (dans une cage en fer) chez un agriculteur. Avec un peu de bricolage, voilà 100 à 500 euros économisés aisément, sans compter l’eau du robinet !

Recréer un éco-système équilibré

Certains animaux s’avèrent être de véritables aides au jardin, notamment pour lutter contre les nuisibles. Ainsi, les oiseaux se délecteront des moucherons et autres vers, les hérissons se chargeront des limaces et les coccinelles attaqueront sans relâche les pucerons. Les attirer dans votre potager demandera quelques aménagements tels des refuges au sol ou dans les arbres et des mangeoires.

Les petits insectes et autres vers de terre qui s’affaireront près de votre bac à déchets vous permettront d’obtenir un compost hyper nutritif. Une terre vivante est le signe d’un potager en pleine santé. La présence d’abeilles améliorera la pollinisation de vos fruits et légumes au printemps. Voilà des alliés ravis d’aider, pour peu qu’ils soient bien accueillis.

Passez au potager bio, ce n’est pas si compliqué ! Adoptez les bons réflexes et rendez-vous à des récoltes fructueuses ! Bien sûr, ce type de culture aura une incidence sur l’aspect esthétique de vos produits, mais c’est aussi ça le jardinage bio : accepter que ses légumes ne soient pas des canons de beauté ! Petits trous dans les feuilles et autres formes biscornues n’auront aucune incidence sur le goût. Au contraire, en laissant la nature reprendre ses droits, vos produits n’en seront que meilleurs.

Tous les guides maison
Réduisez vos factures grâce à nos conseils shopping
Merci de vous être inscrit à notre newsletter !
En m’inscrivant, j’accepte les C.G.U. et de recevoir les newsletters de Radins.com par email.